Pathologies tumorales des sinus

A Les tumeurs malignes

- Le cancer de l’ethmoïde est une maladie professionnelle chez le menuisier . Il s’agit d’un adénocarcinome développé au dépens de l’ethmoïde et qui peut s’étendre en haut vers l’étage antérieur de la base du crâne , en dehors vers l’orbite et en bas vers les structures des fosses nasales et le sinus maxillaire .

Les signes cliniques de début sont très peu spécifiques :
Une céphalée atypique , un mouchage purulo-sanglant pouvant en imposer pour une sinusite banale ou une simple obstruction nasale unilatérale .
La rhinoscopie permet d’objectiver une lésion polypoïde de couleur violacée et de surface irrégulière . Le diagnostic est confirmé par la biopsie et examen histologique .
A un stade plus tardifs apparaissent des signes ophtalmologiques : exophtalmie par envahissement de la loge orbitaire , diplopie , larmoiement et troubles de la vision . Une extension vers l’étage antérieur de la base du crâne peut rester asymptomatique ou le plus souvent s’accompagner de céphalée frontale qui n’est pas calmée par des antalgiques habituelles . Une extension en arrière vers le cavum peut se traduire par un dysfonctionnement de la trompe d’Eustache avec otite sereuse unilatérale .
Les adénopathies cervicales sont exceptionnelles .
Le diagnostic de l’affection réalisé , un bilan d’extension loco-régional et à distance s’impose . L’examen tomodensitométrique et par IRM apportent des renseignements précieux sur l’étendu des lésions dans les cavités sinusiennes et au niveau de la base du crâne .

Le traitement relève d’une exérèse chirurgicale si l’état générale du patient le permet et s’il n’y a pas de métastase à distance ( pulmonaire ) et s’il n’y pas d’envahissement de l’étage antérieur de la base du crâne . L’abord chirurgical se fait soit par la voie de Rouge –Denker ( incision paralatéro-nasal ) soit par la voie dite d’Unterberger , c’est à dire incision bicoronale et « degloving « de la partie supérieure de la face .L’ethmoîdectomie totale suivie d’une exantération orbitaire si besoin est réalisée en chirurgie monobloc .

L’intervention peut éventuellement être complétée par une radiothérapie si les limites de résection ne sont pas satisfaisantes mais il faut d’emblée noter que l’adénocarcinome est peu radiosensible par rapport aux autres formes histologiques .

Le pronostic est effroyable car le diagnostic est souvent tardif .


- Le carcinome épidermoïde du sinus maxillaire est une affection rare mais qui atteint le sujet âgé avec ou même sans passé de sinusite chronique . Le maître symptôme reste une douleur faciale avec parfois des paresthésies , voir une anesthésie de la région jugale par atteinte du nerf sous-orbitaire . La rhinoscopie peut être strictement négative car la lésion se développe à l’intérieur d’une cavité creuse . Parfois l’existence d’un écoulement purulosanglant au niveau du méat moyen peut alerter le clinicien .
Le diagnostic est orienté par un examen tomodensitométrique des sinus qui montre une lésion tissulaire avec des signes de lyse osseuse sur le pourtour de la cavité .
Une biopsie par ponction ou par abord direct par la voie de la fosse canine permet de confirmer le diagnostic .

Après un bilan d’extension loco-régional et à distance le traitement relève d’une association e chirurgie et de radiothérapie , si possible en conservant le globe oculaire du côté atteint .


- Le Lymphome Malin Non-Hodgkinien ( LMNH ) est une tumeur développée au dépens des cellules lymphoïdes dans les cavités sinusiennes maxillaires . Il s’agit d’une affection très rare qui justifie un bilan d’extension loco-régional et une exploration de tous les outres organes lymphoïdes ( foie , rate , aires ganglionnaires médiastnale , abdominale , cervicale ) avant de déterminer le stade évolutif de l’affection . Le traitement se base sur des protocoles de chimiothérapie en milieu spécialisé .

Le mélanome Malin achromique reste également une affection rare des cavités sinusiennes .


B ) les tumeurs bénignes

- Le papillome inversé .

Considéré pour beaucoup comme une affection bénigne mais avec une possibilité non négligeable de dégénérescence maligne .
Affection relativement fréquente pouvant intéresser les deux sexes à tout âge . Elle se traduit par une obstruction nasale unilatérale sans douleur facial ni céphalée . La rhinoscopie découvre la masse sous forme d’un énorme polype à contour régulier . La masse est très friable à la pince . Le diagnostic est bien entendu confirmé par une biopsie sous anesthésie locale .

L’étendu et les rapports de la masse tumorales sont précisés par un examen tomodensitométrique .
Le plus souvent la lésion se développe au niveau de l’ethmoïde antérieure pour s’extérioriser au niveau du méat moyen . remontant vers le haut en direction du toit ethmoïdal ou en descendant vers le bas en direction du plancher nasal . Les structures avoisinantes sont refoulées et ne sont pas envahies .

L’exérèse chirurgicale peut se faire par plusieurs voies :
- la voie endonasale pure sous le contrôle des optiques rigides
- par la voie de Rouge –Denker , c’est à dire la voie para-latéro-nasale ,
- par la voie dite de De Lima , c’est à dire une trépanation très large de la fosse canine permettant d’effondrer la cloison inter-sinusonasal pour cureter l’ethmoïde jusqu’au toit .

- Le Polype solitaire de Killian est un formation polypoïde unique développé du sinus maxillaire et accouché dans la fosse nasale du même côté par le méat moyen .
Il se traduit cliniquement par une obstruction nasale avec la sensation de clapet à la respiration . La rhinoscopie retrouve le polype volumineux qui parfois déborde en arrière dans le cavum .
L’ablation chirurgicale du polype entraîne en principe la guérison définitive .